14 mai 2008

Goodbye Watan?

D'abord, il y aura de moins de moins de gens qui penseront au Liban. Je le sens déjà quant à la fréquentation de ce blog. En France, par exemple, il est temps de reprocher à Sarkozy d'avoir manqué à sa parole vis-à-vis des Talibans. Imaginez qu'on trouve dans mon pays natal des gens qui préfèrent les Talibans à Sarkozy, vous mesurez à quel point ils vont se faire un devoir de soutenir le hezbollah. Car il y a de nombreux Français qui sont persuadés que le hezb, c'est la résistance ! La résistance à quoi ? A la démocratie, à l'impérialisme, à Israël, aux USA, au 21ème siècle, je ne sais pas. Hier soir, quand les canons ont de nouveau tonné vers le ciel pour fêter la ènième défaite du gouvernement à maintenir un semblant de démocratie, on a été beaucoup à se sentir tristes. Comprenez-moi : si le hezbollah prend le pouvoir au Liban, je m'en fous pas mal, je me casse. Mais j'ai beaucoup de peine en pensant à ceux qui restent et qui ne sont pas d'accord avec une prise d'otages de centaines de milliers de personnes. Non en fait, je m'en fous pas.

On trouve aujourd'hui un nombre d'idiots utiles remarquables. Le plus souvent, ils ne s'en rendent pas compte mais ils sont idiots à un point phénoménal. Je ne parle pas de Chomsky, qui joue au con, ni de George Galloway qui doit bien être élu pour manger. Je parle de tous ceux qui vont y aller de leur commentaire dans Libé, ou Le Monde, pour souligner à quel point ON nous trompe, ON nous ment, On ne nous dit pas toute la vérité, ON conspire contre le bon peuple, On veut nous faire avaler n'importe quoi sur la situation libanaise. Reprenant en choeur la propagande aouniste et hezbollahis, ces ânes se font une joie d'étaler une pseudo-science qui a tant inspiré Desproges (confiture, parachute...) pour affirmer haut et fort que : Hariri est riche, Geagea est un criminel de guerre, Joumblatt a soutenu la Syrie et Gemayel est un facho alors que le Général, Der General, est propre comme un sou neuf et le sayyed est le seul à donner son âme pour le Liban.

Bon, ce dernier argument a sauté ce week-end, mais on trouvera toujours des jean-foutres pour justifier la tentative de coup d'Etat. Saluons au passage les Druzes et leur hallucinante capacité à résister à n'importe quel envahisseur, avec un fusil de chasse ou une fronde en bambou. Mais revenons aux arguments des idiots utiles. Disons-le simplement : CE N'EST PAS LA QUESTION. Le problème n'est pas de soutenir une clique au pouvoir, association bancale et temporaire qui n'a rien de glorieux. L'idée est de trouver une façon de gouverner tous ces gens qui vivent côte-à-côte mais pas ensemble. Le problème n'est pas de se flageller comme un chiite pendant Achoura ou un taré de l'Opus Dei pour montrer qu'on est prêt à saigner pour les chefs de guerre de la majorité, l'important est de comprendre que le gouvernement, lié au mouvement du 14 mars mais distinct, demeure la dernière manifestation de l'Etat souverain libanais et que sans lui, le chaos s'installera non pas au Liban, mais dans tout le Moyen-orient. Et qui sait, peut-être au-delà. Je ne vais pas me relancer dans une comparaison entre la région et la vision de Frank Herbert dans Dune, mais parfois on se demande qui sont les Fremens.

On s'interroge : que peut-on faire pour le Liban ? J'ai envie d'être un peu concret et de dire ceci : aux non-Libanais, comme les Français, rester informé, mais bien informé. On peut tout à fait s'intéresser au mariage de la fille de l'ex de Nicolas Sarkozy tout en gardant un oeil sur Beyrouth. Il y a des médias et des blogs pour ça. Aux Libanais, je voudrais dire que l'espoir n'est pas perdu, même si le gouvernement a baissé son froc et que la Ligue arabe a fourni du lubrifiant. Il y a encore beaucoup de choses à faire et résister, ce n'est pas seulement avec des armes. C'est aussi arrêter de prendre le Liban pour une poubelle en balançant ses déchets par terre (le type à qui j'ai demandé si ça lui plairait que j'aille chier sur son lit est toujours choqué je crois). Conduire en respectant les autres. Aller voter coûte que coûte. Ne pas renoncer. Comprendre et accepter que quoi qu'il arrive, le Liban a des voisins plus bruyants que la Belgique et le Luxembourg. Eduquer les enfants. Bien traiter ses bonnes car un pays qui maltraite les êtres humains ne doit pas s'attendre à ce qu'on éprouve de la compassion à son endroit. Il y a beaucoup de choses à améliorer au Liban, mais il existe un énorme potentiel. Moi j'aimerais un jour que les Libanais nous surprennent pour autre chose qu'un nouveau massacre. Et j'y crois.

12 mai 2008

Non, Karajan n'est pas d'origine arménienne

Essayons d'ouvrir les yeux. Nous sommes face à un conflit où les forces en présence se définissent non pas par leur programme politique (quoique...), mais par leur appartenance à un clan, leur croyance dans un rite, leur allégeance à un chef de guerre. Comment analyser, avec des repères occidentaux ou "développés", la situation libanaise ? Quand j'évoque la ressemblance entre Nasrallah et Hitler, entre le hezb et les SS, Amal et les SA, 14 mars et le KPD (non, ça s'est pas bon), je me fais critiquer au prétexte qu'on en est limite au point Godwin. Pourtant, l'histoire a l'air de se répéter, mais le présent est trop confus à nos yeux pour qu'on puisse en tirer une quelconque sagesse, d'où la nécessité d'utiliser des repères du passé. Bon, 1 point Godwin quand même. Donnez-le à qui vous voulez.

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Qui veut quoi au Liban ? Chacun veut le pouvoir, on l'a compris. Mais pour quoi faire ? Le seul à n'avoir jamais menti sur ses intentions une fois qu'il serait installé reste le hezb qui n'a jamais caché qu'il verrait d'un bon oeil, à condition que tous les Libanais en soient d'accord, l'instauration d'une république islamiste chiite. Mais Aoun, Geagea, Hariri et consorts ? Quel Liban souhaite-t-il pour l'avenir ? Imaginons que nous sortions de cette crise avec un gouvernement de consensus ou de nouvelles élections qui, ô surprise, donnerait un nombre de députés tel aux forces de l'opposition qu'elles deviendraient la majorité . Que se passera-t-il ? Les Libanais vont-ils accepter de payer, horreur, des impôts ? De s'accorder sur la nécessité d'obtenir des transports en commun et des espaces verts multiconfessionnels ? Vont-ils s'apercevoir de la nécessité d'un service public fort, ossature d'une société civile diverse mais unie ? On peut en douter, et quand je vois les combats entre miliciens au Liban, ce qui m'inquiète le plus, c'est l'après, quand les canons ne tonneront plus et qu'il faudra reconstruire ensemble ce qui n'a jamais existé.

Au Liban, on présente souvent son identité avant d'exprimer son opinion : Moi je suis chrétien MAIS je comprends le hezb, ou moi, je suis chiite, MAIS je ne soutiens pas Aoun. Tout est basé sur l'appartenance géographique et communautaire. Mais tout se fonde aussi sur la crise en ce sens que l'appartenance clanique est définie par le rejet de l'autre : le sioniste, le chrétien, le musulman, l'occidental, l'étranger, etc. Ce n'est pas propre au Liban, mais c'est un pays qui exacerbe cette micro-appartenance devant les nombreuses différences que chacun va se trouver avec l'autre. Les combats prendront fin, éventuellement. Mais sur les ruines, quel drapeau brandir ? Le plus simple serait de laisser le hezb triompher : son étendard clame, ce qui est plutôt pratique, que dieu est avec eux. Comme les nazis autrefois qui arboraient un fier "Gott mit Uns". Et voilà, un 2ème point Godwin.

10 mai 2008

Barbarians at the Gate

J'ai souvent des internautes qui m'écrivent pour me demander mon pronostic sur l'avenir du Liban, soit qu'ils veulent/doivent y emménager, soit qu'ils aient envie d'y faire du tourisme. Jusqu'à présent, je répondais invariablement la même chose : ça peut péter à tout moment ou rester calme pendant des mois. L'avantage, c'est que je ne risque pas de me tromper. Et le Liban me donne toujours raison.

Les récents évènements beyrouthins sont une nouvelle preuve de l'instabilité extrême du pays qui jusqu'à présent était accepté par tous. Au Liban, on s'inquiétait de la fermeture des pubs de Gemmayzé, de celle programmée de Monoprix ou des prochains concerts donnés par quelques artistes courageux ou inconscients. Il faut nous comprendre, le Liban n'est pas en ébullition culturelle. La production intellectuelle francophone est indigente, et on a tendance à se concentrer sur ce qu'on a. A l'étranger, le Liban ne faisait plus la Une des journaux et pour cause : pas de morts en nombre comme en Irak ou en Birmanie, pas de glamour comme le mariage d'une speakerine avec le roi du rire banlieusard, pas de scandale comme les retards dans les transports en commun ou la spéculation sur le pétrole. On pensait donc le Liban assagi, et on attendait l'été dans le monde entier, en prenant soin de lire quelques conseils de régime pour la plage entre deux photos de mariage de la speakerine avec le roi du rire banlieusard. Et on avait raison. Si on commence à s'inquiéter de ce qui pourrait arriver de grave, alors qu'on a déjà du mal avec ce qui se passe de dramatique, on aurait même plus assez des yeux pour pleurer.

Le hezb sait tout cela, et a profité de la lassitude de l'opinion publique, ainsi que de sa capacité à accepter la loi du plus fort pour réussir son coup d'Etat. Les chancelleries sont préoccupées, mais surtout par la violence qui pourrait toucher leurs ressortissants. Elles mettront du temps à réaliser qu'un parti fasciste a fait main basse sur le pays en menaçant de créer encore plus de chaos si on ne lui cède pas. Le 14 Mars a fait le dos rond, espérant se poser en victime et désireux d'éviter de remplir un rôle qu'il pourrait laisser à d'autres comme d'habitude. Nettoyer au Karcher le Liban ne sera donc pas la tâche ou la tache de la majorité. On s'en doutait un peu, on le voit maintenant, il va encore falloir que ce soit accompli par l'extérieur. Mais qui ? Chacun propose sa méthode, avec notamment Israël qui feint de ne pas s'en occuper sur l'air de "on vous l'avait bien dit".

Pour ceux qui en doutent, il est bon de le répéter : le hezbollah a fait un coup d'Etat et ses méthodes n'augurent rien de bon même si elles ne surprennent pas. L'attaque de la chaîne de télévision Future TV appartenant au clan Hariri est peut-être un réglement de comptes politique, mais c'est surtout une atteinte à la liberté d'expression qui donnera lieu à de nombreuses répétitions. L'ironie c'est que ceux-là même qui avaient approuvé la fermeture de la chaîne MTV se retrouvent maintenant à geindre sur la disparition (temporaire on espère) de la Future. Mais au Liban, le méchant c'est toujours l'autre. Et à force de crier au loup, je doute qu'on se rende compte de l'importance historique de la prise du pouvoir de la dernière démocratie arabe par l'Iran et la Syrie. Vieille histoire diront certains. Quand ils ont fermé la Future, je n'ai rien dit, je ne suis pas allé à la manif par peur de me faire tirer dessus. Et quand ils fermeront les blogs, je serai parti j'espère depuis longtemps. Après tout, un hezbollahistan au Liban, ce peut être amusant. Tant qu'ils ne ferment pas les pubs de Gemmayzé.

Un mot enfi, en forme d'épitaphe, pour Aoun, qui déclarait hier avec un aplomb digne d'un homme qui refuse la réalité :

Aujourd’hui (hier) est une victoire pour le Liban et non pas (une victoire) d’une partie sur une autre. C’est une victoire dans le sens d’un retour au pacte national, au rééquilibrage entre les composantes de la société libanaise. Cet équilibre était rompu, ce qui avait provoqué des problèmes politiques, des interférences internationales et une atteinte à la stabilité. La crise dure depuis plus de deux ans et demi. Je me suis adressé par le passé aux pays étrangers et au Conseil de sécurité et je les avais prévenus que nous nous orientons vers une situation de confrontation. J’ai adressé une note à Ban Ki-moon et aux membres du Conseil de sécurité. Mais malheureusement, nous n’avons pas trouvé d’échos pour résoudre le problème. Je me suis adressé aux Libanais à plusieurs reprises pour leur dire de ne pas se procurer des armes car elles ne serviraient à rien.


Sans commentaire. Ou plutôt si. Aoun se rêvait De Gaulle, il finira Pétain.

08 mai 2008

Feux de joie à Beyrouth pour célébrer les 60 ans de la Glorieuse Nation d'Israël

Ne me dites pas que vous êtes étonnés de la situation du Liban !? Ou du discours de Nasrallah ?! Y-a-t-il quelqu'un qui ait pu douter une seconde, en toute bonne foi, que le hezb ne se préparait pas à la guerre civile ? Evidemment, il n'est pas le seul, et c'est là où je commence à sérieusement douter du sens stratégique du barbu en chef. Pour le moment, l'armée laisse les partisans de Hariri s'occuper du hezb, et pourrait intervenir, avec les FSI, pour encore enfoncer les séditieux. Nasrallah, malgré ses roquettes inutiles en cas de guérilla, n'a pas l'air de mesurer le nombre d'adversaires qui vont se faire un devoir de lui rappeler qu'il n'est pas si facile de se proclamer roi du Liban. Il faut faire des alliances, et le général orangé n'est pas de taille. Ou il soutient les émeutiers (qui bloquent l'aéroport et les points centraux de Beyrouth à coup de scooters et de bulldozers) et se met la population à dos, ou il ne les soutient pas et le hezb va lui rappeler les termes du pacte. Avec force.


J'estime que Nasrallah ne cherche pas la guerre civile, mais à la manière de Hitler en 1938, pousse ses pions pour voir à quel moment on va l'arrêter. Je ne suis pas fan du terme "islamo-fascisme", mais il est vrai que le leader du hezb a autant appris de ses maîtres syro-iraniens, formés à la bonne école soviétique, que du fascisme européen que ses prédécesseurs politico-religieux ont soutenu sans réserve. Le chef du hezb s'attendait-il réellement à une telle démonstration de force du Courant du futur dans les rues de Beyrouth ? Après le déclenchement de la guerre de juillet 2006 entre ses troupes et Israël, Nasrallah avait dû convenir qu'il ne pensait pas que l'Etat hébreu lui réponde avec autant de force. Ici encore, ses rodomontades habituelles laissent à penser qu'il essaie de créer un climat de terreur en sa faveur quand il paraît déjà évident qu'il ne contrôle pas la rue. Son appel aux autres nations arabes est pathétique, voire insultant : proclamant que le hezb est responsable des deux seules défaites d'Israël, il laisse à penser que l'Egypte a perdu en 1973, ce que Moubarak ne laissera pas passer. Nasrallah est dos au mur, sauf que derrière le mur, il y a aussi Israël, qui apprécierait sûrement de faire d'une pierre de fronde du roi David deux coups : célébrer l'anniversaire de sa création avec le hezb comme gâteau.


Résumons : le hezb peut à peine compter sur les aounistes, et sur un soutien distant mais technique de la Syrie et de l'Iran. Contre lui, il a dans l'ordre de ceux qu'il a insultés cet après-midi : le gouvernement (le gang), les druzes de Joumblatt, le Courant du Futur de Hariri, les Forces Libanaises, l'armée, les FSI, la France, les pays arabes, les USA, Israël, l'ONU, j'en oublie... Heureusement qu'il a aussi les Marada, fiers combattants chrétiens fidèles à l'opposition. Sinon, on pourrait vraiment penser que Hassan Nasrallah est dans la merde.

05 mai 2008

We are One

Hier, avant de quitter Paris, je suis allé voir Sofiane à l'hôpital. Le 11 décembre 2007, lors des attentats qui ont frappé les Nations Unies à Alger, Sofiane est resté coincé 17 heures sous les décombres de l'immeuble. "18 heures" corrige sa mère qui a assisté au calvaire de son fils jusqu'à ce qu'il soit libéré, exsangue et au bord de la mort. Finalement, Sofiane a eu de la chance, il n'a eu qu'une jambe amputée. A pas encore trente ans, il a échappé à la mort, et même s'il a eu du mal à accepter d'être amputé, il a décidé, avec le soutien de sa hiérarchie aux Nations Unies, de revenir travailler pour le PNUD dès qu'il sera "sur pied". J'ai pris une belle leçon d'humanité avec Sofiane. Et son courage a renforcé mon attachement à cette grande idée malmenée qu'est l'ONU.

Les terroristes qui ont attaqué Alger en décembre 2007 sont les mêmes que ceux qui ont attaqué les bâtiments de l'ONU en juillet 2006 à Beyrouth. Ceux qui ne comprennent pas que les Nations Unies, avec tous leurs défauts, incarnent la seule solution politique à l'avenir de l'humanité. Sans les Nations Unies, les grandes puissances continueraient leurs stratégies d'empire. Sans ce formidable outil supranational, la planète irait beaucoup plus mal qu'aujourd'hui. Les cyniques, les barbus, les imbéciles et les ignorants peuvent se gargariser des échecs de la diplomatie onusienne ; il n'empêche que son rôle, s'il n'a pas toujours été positif, n'a jamais été négatif. Mieux, le "machin" comme on l'appelle à la suite d'un homme d'un autre temps, coûte peut-être cher, mais rapporte énormément. Sans l'ONU, il n'y aurait plus de Liban par exemple. Les Nations Unies incarnent un avenir meilleur, bien loin des hypocrisies politiques comme ces jeux olympiques dont on nous dit qu'ils encouragent les valeurs humanistes, quand ils ne prônent que la compétition et l'écrasement de l'adversaire. Quant à l'Europe, on cherche encore à comprendre ce qui permet d'entrer dans ce club fermé de pays riches et "chrétiens", à la manière d'un mauvais country club.

Le hezbollah se réarme. Il le dit ouvertement et dirige ostensiblement ses armes vers l'intérieur des terres libanaises. En cas de conflit, la FINUL devrait intervenir mais son mandat limité et son armement peu en rapport avec la puissance des belligérants risque d'en faire un dommage collatéral. Il est temps de se préoccuper sérieusement de la situation et d'admettre une chose essentielle : les Libanais ne sont pas capables de trouver une issue à la crise qui les paralyse depuis maintenant des années. L'ONU doit s'emparer de la situation et régler le problème avec les différents acteurs qui en viennent déjà progressivement aux poings, avant de revenir aux bonnes vieilles habitudes. Intervenir au Liban sera considéré comme de l'ingérence, mais ce sera plutôt la fin d'une hypocrisie puisque les grandes et les moyennes nations interviennent au Liban quotidiennement. Aucune nation, si puissante soit-elle, n'est capable de résoudre la crise seule. La seule solution passe par un organe supranational décrié, mais primordial, qui, tant qu'il ne sera pas reconnu à sa juste valeur, produira son lot de victimes désigné à la vindicte populaire par les adeptes d'un nationalisme d'une autre époque.

Sofiane sera transféré la semaine prochaine dans un centre de rééducation où il recevra une prothèse qui remplacera sa jambe. J'aimerais surtout qu'on ne lui prenne pas ce qui l'empêche de tomber dans la dépression : sa conviction qu'il pourra servir la cause de l'humanité, même amputé.